Paroles d'expatriés

Itw # Partons à la découverte du Chili

On se retrouve cette semaine pour une nouvelle Chronique d’expatrié.

Aujourd’hui nous recevons Céline du blog Voyages d’une plume qui est venu nous parler de son expérience de deux ans au Chili. Une expérience pour le moins unique, passant d’étudiante à pâtissière ambulant, sans oublier de nombreux petits boulot mais aussi un mariage (oui vous avez bien lu !).

Mais je lui laisse la parole pour que vous fassiez sa connaissance.

  1. Bonjour Céline, peux-tu te présenter ?

Globetrotteuse depuis l’enfance, je fais partie de ces voyageurs qui perdent la notion de leurs origines : Française sur les papiers, Portugaise dans le sang, Castillane dans la langue, j’ai grandi ici et là, après avoir appris à marcher à Orly, à quelques rues de l’aéroport.

Aujourd’hui je suis une voyageuse qui se rapproche tranquillement de la trentaine. Rêveuse et blogueuse, je passe ma vie la tête dans un Moleskine (nb: marque italienne de note book), le coeur dans un avion. Après des études supérieures en Relations Interculturelles, j’ai décidé d’orienter ma vie vers la découverte du monde.

Coyhaique

  1. Où vis-tu actuellement ?

Après une mini-expatriation à Madagascar, je suis revenue en France depuis un an déjà. Même dans mon pays je suis incapable de rester plus de six mois au même endroit donc je vogue de ville en ville.
Mon retour en France n’aura pas duré bien longtemps : en août je m’envole pour un grand voyage : la traversée des Amériques, de la Terre de Feu jusqu’en Alaska, en stop et sac-à-dos. N’ayant pas d’itinéraire ni d’impératifs, il se peut que je croise sur ma route des tentations d’expatriations prolongées.

  1. Qu’est-ce qui t’a motivé à t’expatrier ?

Je suis arrivée au Chili pour un stage de fin d’étude. Après six mois sous la pluie patagone j’ai décidé d’annuler mon billet retour et de profiter de cette partie du monde. Les rencontres, les paysages et cette liberté que je ne retrouve pas forcément en France m’ont convaincue de poser mes valises à Puerto Montt.

Partons à la découverte du Chili

Le Volcan Villarica vu depuis la plage de Pucon

  1. Pourquoi avoir choisi ce pays et pas un autre ?

Pour être honnête je n’ai pas spécialement choisi le Chili. Pour mon stage de deuxième année de Master je voulais partir en Amérique du Sud, dans une ville côtière. L’Alliance Française de Puerto Montt a été la première à répondre positivement à ma candidature alors, ni une ni deux, j’ai acheté un billet d’avion.

Si les premiers jours j’étais partagé entre un « mais pourquoi je suis là ? » et un « wahou, c’est magnifique ! », j’ai vite trouvé ma place dans cette petite ville, au sein de la culture chilienne et j’ai rapidement compris qu’il me serait difficile d’en partir.

Cochamo3

Cochamo

  1. Comment s’est passé l’intégration ici ? Quelles sont les démarches à suivre ?

Au niveau social mon intégration s’est très bien passé : j’ai rapidement fait connaissance avec des jeunes de mon âge, j’ai tout de suite été acceptée et accueillie à bras ouverts par la population.
Au niveau administratif, cela a été un peu plus compliqué : ayant effectué mon stage avec un visa touristique (ce qui est interdit, mais chut !) j’ai du avoir recours au visa run plusieurs fois. Pour ne pas tenter le diable aux frontières chiliennes, j’ai cherché un emploi, ce qui me permettait de faire une demande de visa de travail. N’ayant pas réussi à m’adapter aux conditions de travail chiliennes ni à mes employeurs racistes, j’ai plusieurs fois démissionné, perdant ainsi la possibilité d’avoir un visa.
Après plus d’un an au Chili, j’ai trouvé la solution qui me convenait le plus : le mariage. Bien décidée à avoir une carte de séjour chilienne, j’ai épousé mon colocataire et dès le lendemain mes documents étaient en règle et mon expatriation officielle aux yeux de la loi.

  1. As-tu déjà vécu dans d’autres pays avant ça ? Lesquels ?

Adepte de la lenteur, j’aime prendre le temps de vivre dans un pays, de vivre une culture. Avant d’emménager au Chili j’ai vécu un an en Slovaquie, puis un an au Portugal et 6 mois au Nicaragua.

L’une des raisons pour lesquelles je suis partie du Chili a d’ailleurs été la possibilité de vivre une autre expatriation, à Madagascar cette fois-ci.

  1. Cites 3 choses que tu aimes de ton pays d’adoption.

  • Ce que j’aime le plus au Chili c’est l ‘amitié à la chilienne. Difficile à expliquer, les relations amicales au Chili me semblent différentes de celle que l’on croise en France. Que ce soit pour t’accompagner à l’hôpital en pleine nuit, pour marcher 30km à midi pour aller voir un lac ou juste pour ne pas se retrouver seul à faire la queue chez le notaire, ou pour un barbecue improvisé à 23h, l’ami chilien sera toujours là, sans rien attendre en retour.
  • Et puis au Chili, ou plus particulièrement à Puerto Montt, il y a la costanera qui longe le Pacifique en direction des Andes, des volcans enneigés, de l’Argentine. Se balader sous une fine pluie d’été et voir au loin des manchots, des dauphins, des lions de mer … Se balader sous un ciel bas, lourd de promesses orageuses et respirer l’air de la Patagonie, l’air des fjords oubliés, l’air du sud …
Partons à la découverte du Chili

Cochamo

  • Enfin, pour ne citer que trois choses que j’apprécie du Chili, je dirais son histoire, sa politique, les rêves et les espoirs de sa population. Pouvoir parler d’une dictature qui n’a pas eu le temps de cicatriser, envisager un futur meilleur pour ce pays si riche où les hôpitaux n’ont même pas de paracetamol, refaire le monde avec des jeunes de 12 à 92 ans …
  1. Cites 3 choses qui te manquent ici.

  • Le fromage ! Pas très original comme réponse mais tellement vraie ! Combien de fois je me suis prise à rêver d’un morceau de roquefort ou d’une salade de chèvre chaud … Rien que d’y penser j’en ai les babines qui brillent !
  • Au niveau professionnel je pense que ce qui m’a le plus manqué c’est un agenda. Avant de travailler au Chili je ne me rendais pas vraiment compte du plaisir que l’on peut éprouver lorsque notre rendez-vous arrive à la bonne heure, le bon jour et avec le bon dossier. Au Chili, tout du moins d’après mon expérience, les choses sont quelque peu différentes : il faut envoyé un mail puis appeler au téléphone puis confirmer le rendez-vous par mail avant de rappeler une dernière fois son interlocuteur quelques heures avant la réunion pour espérer le voir venir. Si cette façon de faire n’est pas très productive, elle a au moins le mérite d’enseigner la patience, l’adaptation et l’improvisation.
  • Les terrasses. Puerto Montt est une ville située à plus de 1000Km au sud de Santiago. Eté comme hiver il pleut. Entre le crachin et les tempêtes on apprend à jongler entre les gouttes. Si ce mauvais temps peut avoir quelque chose d’exotique, il devient pesant lorsqu’après le travail on rêve d’un café en terrasse et que dans toute la ville il n’y en a que trois. Revenir en France c’est pour moi prendre plaisir, le dimanche matin, à m’installer Aux Tilleuls et regarder le marché se faire et se défaire en français, en arabe, et dans toutes ces langues qui se mélangent dans ma ville.
Partons à la découverte du Chili

La catedral de marmol sur le lac General Carrera

  1. Quelles sont les spécialités culinaires locales ? Et quelles sont tes préférées ?

Dans le sud du Chili on mange de la patate ! Des pommes de terre frites, en purée, en chausson garni d’encore plus de pomme de terre, en salade …
On y mange aussi énormément de fruits de mer et de saumon.
S’il ne fallait citer qu’un seul plat représentatif du sud du pays je dirais le « Curanto » : cuit sous la terre il s’agit d’un mélange de viandes, fruits de mer, milcaos, chapaleles, légumes, pommes de terre… Que ce soit pour sa préparation, son goût ou la convivialité qui se dégage de se plat à partager, le curanto représente, à mon sens, l’esprit du sud, sa pluie et sa gastronomie.

  1. As-tu découvert des choses que tu ne connaissais pas avant ? 

J’ai découvert le chant des crampons qui s’enfoncent dans un glacier … les forêts d’alerces que l’on déboise pour la construction … le turquoise d’une lac sans fin … des manchots qui nagent à quelques mètres de la costanera, se partageant la mer avec des tonines, des pélicans et des lions de mer … les « soleils de mer » …

Partons à la découverte du Chili

Le Rio Petrohué

Au Chili j’ai découvert des odeurs, des sons, des couleurs et cette sensation, d’être infiniment petit lorsque, au pied des Andes, je lève la tête pour sourire aux montagnes …

  1. Y’a t-il des choses qui t’ont marquées dans la culture de ce pays ?

Énormément de choses m’ont marquées dans la culture chilienne, enfin, dans la culture que je connais : l’importance de la religion, le machisme, les relations hommes-femmes, l’étrange mélange entre conservatisme et libéralisme, le mysticisme et la place de l’ésotérisme dans la société …

Passionnée de sciences politiques et économiques, le Chili et ses cultures ont été une véritable mine d’or pour ma curiosité et moi-même. Si certaines choses m’ont plu au point de m’inciter à rester, d’autres, et je pense notamment au racisme, aux traces du nazisme, m’ont donné plus d’une fois l’envie de repartir à la nage !

Mais au niveau culturel la perfection n’existe pas alors, comme d’habitude, j’ai décidé de ne garder que le bon de ce pays merveilleux.

Partons à la découverte du Chili

Le Lago Ranco

  1. Qu’en est-il du coût de la vie ?

Le Chili est un pays cher, très cher. Pas pour tout évidemment, mais selon les régions le coût de la vie peut se rapprocher de celui de la France. Au sud, les reliefs et le climat ne favorisent pas une grande production agricole ce qui rend certaines denrées alimentaires chères (et rares).

De plus, plus l’on descend dans le sud et moins les routes sont nombreuses, moins les bus sont fréquents, ce qui augmente les prix. Par contre, vers le nord les moyens de transport sont bon marché et de très bonne qualité (fauteuils inclinables pour se transformer en petits lit, couverture, petit déjeuner … un luxe qu’on en connait pas en Europe).

  1. Aurais-tu des conseils à donner aux personnes qui souhaiteraient venir en voyage ou pour s’installer.

Je donne toujours le même conseil car il n’y en a qu’un seul : allez-y ! Foncez, n’aillez pas peur !

Pour savoir si le pays, ses cultures et ses moeurs vous conviennent, il faut y aller, tester, s’imprégner de l’ambiance. S’il s’agit d’un nouveau « chez soi » la question de savoir si l’on y enracine nos valises ou pas ne se posera pas, la réponse viendra naturellement, entrecoupée du sourire d’un Ulysse heureux de sentir entre ses doigts glisser le sable d’Ithaque.

N’aillez pas peur non plus de la langue ! Même si vous avez 15 ans d’espagnol derrière vous, il est fort probable pour que lors de votre premier pisco sour vous ne compreniez rien à ce que vous diront vos nouveaux amis. Mais après quelques barbecues, tout ira bien et vous aussi vous prendrez l’habitude de glisser une « wea », un « weon » et un « po » à chaque fin de phrase !

  1. Donnes à nos lecteurs 3 lieux incontournables et/ou les 3 plus beaux endroits à ne surtout pas manquer.

  • Il y en a tellement au Chili ! Pour une fois je ne vais pas parler que de la Patagonie. Près de Puerto Montt il y a Cochamo et la Junta. Un mini Yosemite chilien idéal pour les adeptes de la randonnée, de l’équitation et de l’escalade.
Partons à la découverte du Chili

Cochamo

  • Dans la région central, la plage de Guanaqueros. Petit port de pêche où de longues balades sont possibles dans les rochers qui surplombent l’océan.
  • Enfin, el Valle del Elqui où l’on peut contempler la beauté des paysages en buvant des jus de fruits naturels et frais délicieux !
  1. Pour finir, quelles sont les 3 choses principales que nous pouvons retenir de ce pays ?

Difficile de résumer un pays en trois points … Je pense que l’on peut retenir du Chili, que dans un pays aussi varié, aussi étendu, avec des paysages aussi magnifiques, les gens sont chaleureux et accueillants malgré leur passion pour la bureaucratie compliquée.

On peut retenir qu’en y allant on découvrira mille et une façons de manger des pommes de terre, toujours assis face aux Andes, face au Pacifique, face à l’immensité de lacs émeraudes.

Enfin, on peut retenir que le voyageur qui s’envole pour le Chili, emporte avec lui le risque de tomber éperdument amoureux de ces paysages, de ses cultures, de ses doutes, de ses promesses, de ses cocktails et de ses vins.

  1. Et pour te suivre :

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Je suis aussi sur Twitter : @VoyagesdePlume

et sur Facebook : Voyages d’une plume

Merci Céline d’avoir répondu à nos questions !


Alors ça vous a donné envie d’en savoir plus sur le Chili ? 

On se retrouve bientôt avec un nouveau pays à découvrir alors n’oublie pas de nous retrouver sur nos réseaux et de t’abonner au blog 😉 A très vite !


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