Vous êtes de plus en plus nombreux à nous envoyer des mails pour nous demander ce que nous avons pensé de notre vie à Mayotte. Dans la lignée de notre article pourquoi je n’ai pas aimé vivre à Nouméa, voici maintenant la version où je t’explique pourquoi je n’ai pas aimé vivre à Mayotte.

Oui, je sais, encore un article où l’on te dit qu’on n’a pas aimé une destination. Tu vas finir par croire qu’on est compliqués ! Contrairement à de nombreux blogueurs qui préfèrent ne pas parler que de ce qu’ils n’ont pas aimé, moi, je pense important de trouver ce genre de témoignage «  négatif  »sur la toile. C’est important de dire quand on aime quelque chose, mais c’est tout aussi important de dire quand on ne l’apprécie pas, et de montrer que non, tout n’est pas toujours rose pour les blogueurs voyage. Et si tu es là pour lire cet article, c’est que tu penses la même chose ! Alors, on y va, laisse nous te dire ce qu’on a pensé de la vie à Mayotte.

Pourquoi je n’ai pas aimé vivre à Mayotte

Il y a un moment de ça, on a écrit un article pour te donner  les pour et les contres de notre départ à Mayotte. On savait donc à quoi s’attendre en allant là-bas. On ne partait pas aveuglément à l’aventure. Quand on était à Nouméa, j’avais de nombreuses collègues qui en revenaient. La plupart avaient adoré et nous en avait fait l’éloge. Alors on s’est dit, «  Pourquoi pas !  »

Fin septembre 2018, on s’envole donc pour un an à Mayotte. Les démarches de notre arrivée ont été simplifiées par mon travail  : un contrat d’un an à l’hôpital de Mamoudzou. Un sacré plus quand on arrive dans un endroit qu’on ne connaît pas. Enfin, simplifiées, pas tant que ça ! Car à Mayotte, rien n’est jamais simple et ça, on s’en rend compte même avant de partir !

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Ce que j’ai aimé de ma vie à Mayotte

Avant de te dire ce qu’on n’a pas aimé, je vais te parler de ce qu’on a apprécié ici. Ben oui, tout n’est pas noir non plus. Il faut savoir modérer ses propos, même si parfois, c’est difficile tant l’ensemble de l’expérience a été négative…

La facilité des rencontres et l’importance de l’amitié

Mayotte, c’est pas la porte à côté ! Comme pour n’importe quelle installation à l’étranger, quand tu t’installes à Mayotte, tu as besoin de te recréer une « famille ». Cette deuxième famille, tu la trouveras souvent auprès des autres « expatriés ». Les M’zoungous comme on les appelle ici. Collègues, colocataires, amis de collègues, rencontre au hasard, ici les amitiés se font et se défont assez facilement. Mais lorsque tu rencontres des personnes avec qui le courant passe, c’est de suite beaucoup plus fort et tu sais que bien souvent cette amitié ne sera pas passagère. Même si nous n’avons pas apprécié notre séjour à Mayotte, nous avons adoré les moments passés avec nos amis. Une amitié de courte durée, avec des personnes incroyables, avec qui nous gardons précieusement le contact.

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Une eau chaude toute l’année

Si comme moi, tu es frileu(x)se, tu seras content(e) de savoir qu’à Mayotte, tu pourras te baigner toute l’année ! L’eau y est chaude, parfois même un peu trop en été ! La température de l’eau à Mayotte oscille entre 26 et 29 °C toute l’année. Bon par contre, qui dit eau chaude, dit climat tropical et humide, et ça, c’est un peu plus compliqué à supporter avec une moyenne de 30 °C toute l’année !

L’émergence des bébés tortues 

Il y a de nombreuses tortues marines à Mayotte. On n’a pas eu la chance de voir une émergence en direct live, mais c’est une chose très fréquente à Mayotte.

Tu auras la possibilité d’en voir dans le Nord de l’île, mais aussi et surtout sur la plage de Moya sur Petite-Terre ou de Saziley sur Grande Terre. Tous les jours, on y retrouve des traces de tortues venues pondre sur la plage. Sur la plage de Moya, nous avons sauvé des bébés tortues voués à être mangés par les oiseaux, ou desséchés par le soleil.

Les tortues viennent pondre toute l’année, avec un pic de mars à juin, le mois de mai étant le plus important. N’oublie pas que les tortues sont une espèce protégée et/ou en voie de disparition, ne fais pas n’importe quoi pour avoir ta photo ou ta vidéo d’émergence…

À Mayotte, on trouve des tortues vertes et des tortues imbriquées. Elles sont vulnérables, pour les protéger, tu peux les observer sous l’eau, en restant à distance et bien sûr, sans jamais les toucher. Sur la terre ferme, reste discret, ne pointe pas ta lumière sur la plage au risque de les faire fuir.

Si  ça t’intéresse, je te conseille de te renseigner auprès de l’association Oulanga Na Nyamba ou l’OTM, l’Observatoire de Tortues marines de Mayotte.

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Les animaux sauvages

Certes les animaux sont beaucoup moins nombreux que dans d’autres pays (difficile de faire mieux après l’Australie !), mais nous y avons découvert des petites bêtes rigolotes. Comme dans tous les pays tropicaux, il y a de nombreux margouillats ou gecko vert fluo, qui élisent rapidement domicile chez toi ! 

Si tu veux voir des tortues marines, tu es sûr d’en voir à la plage de N’gouja. Elles seront au rendez-vous tous les jours pour brouter les petites herbes du fond marin.

Mais la star de Mayotte, c’est le Maki. Ce petit singe au regard espiègle peut se voir aussi bien en ville qu’en forêt, et même en bord de plage. À N’Gouja, ils sont partout ! En fin de journée, ils sortent pour manger les fruits dans les arbres. Ils sont curieux et n’hésitent pas à venir vers toi si tu as quelque chose d’intéressant à leur proposer ! Attention à toi, ils sont aussi très joueurs et n’hésiteront pas à te jeter des fruits dessus, voir même à se délester au-dessus de ta tête ! 

De manière générale, il ne faut ni toucher, ni nourrir les animaux sauvages. Certains Maki sont espiègles et n’hésiteront pas à venir sur ton épaule pour te voler ton sandwich  ou finir ton assiette  !

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Le contact avec les enfants du quartier 

À peine arrivé, Francis a très vite rejoint une association pour donner gratuitement des cours de skate aux enfants de Petite-Terre. Quelle joie de voir ces petites têtes brunes, le sourire jusqu’aux oreilles, de pouvoir s’occuper et s’amuser comme des enfants. Dans le coin, ils n’ont pas beaucoup d’autres activités. Ces enfants sont souvent laissés sous la surveillance de leurs ainés guère plus vieux qu’eux. Nous n’avons jamais vu les parents de ces enfants, et même si nous savons qu’ils ne vivent pas à la rue, c’est toujours difficile de voir cette pauvreté de nos propres yeux. Malgré leurs conditions de vie compliquées, ils ont une pêche d’enfer et un sourire (presque) toujours collé aux lèvres  !

Bon Ok, on a vite déchanté quand on s’est rendu compte qu’au final, ils sont comme tous les enfants  : jamais contents  ! C’était régulier que certains passent toute la session à faire la tronche, parce qu’on n’allait pas dans leur sens, c’est-à-dire  : faire ce qu’ils ont envie et c’est tout  !

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Mon boulot

Ce n’est pas négligeable, c’est quand même pour ça qu’on est venu à la base  ! J’adore mon métier, même si j’en déplore souvent les conditions… En venant à Mayotte, je savais à quoi m’attendre. Avec une moyenne de huit enfants par femme (oui oui, tu as bien lu!), l’unité de néonatalogie et réanimation néonatale, n’est jamais en manque de travail. La maternité de Mayotte est la première maternité de France, et même la plus grande d’Europe  ! Ça en fait du boulot et j’étais impatiente de commencer  !! J’y ai découvert une équipe au bord de l’implosion, gardant malgré tout sa bonne humeur. 

À Mayotte, il y a surtout des jeunes diplômées avec peu d’expérience professionnelle, qui sont jetées direct dans le grand bain. C’est aussi comme ça qu’on apprend, mais j’étais heureuse de pouvoir partager mes connaissances avec elles. De les voir évoluer, prendre confiance en elle et leurs capacités. De pouvoir être de celles qui guident, comme ont pu l’être pour moi, mes mentors de l’époque. Malheureusement, cette expérience a été de trop courte durée pour moi, du fait de ma grossesse et de ses complications. J’étais dégoûtée de ne pas pouvoir travailler plus longtemps…

Même si aujourd’hui, je suis contente d’être rentrée en France et d’avoir pu donner naissance à mon petit bout ici, le service me manque et mes collègues aussi  ! Ce n’a été que 3 mois et demi, mais 3 mois et demi intenses. Je les remercie pour leur accueil chaleureux et je leur souhaite bon courage pour la suite.

Et pour savoir tout ce qu’il y a à faire ou à voir à Mayotte, je te conseille le blog de notre ami Ben : Lovely Mayotte.

Ce que je n’ai pas aimé de ma vie à Mayotte

Bon voilà, finalement, nous en arrivons au vif de notre sujet. Pourquoi nous n’avons pas aimé vivre à Mayotte…

C’est une question récurrente, qui nous est posée à chaque fois que nous mentionnons Mayotte, et le fait que nous ne voulons surtout pas retourner vivre là-bas… Tout ce dont je vais parler est bien sûr à modérer. Ce sont des faits basés sur notre expérience personnelle, reflétant notre propre vécu, impacté par nos valeurs propres et par nos expériences passées. Ce qui est valable pour nous, ne l’est peut-être pas pour toi…

Le contact avec la population locale

On nous avait dit que les Mahorais était d’une gentillesse incomparable, accueillants et souriants. Malheureusement, ce n’est pas vraiment ce que nous avons pu voir et ce, dans l’avion déjà. Nous n’avons pas retrouvé là-bas, la gentillesse des gens des îles comme nous nous y attendions. 

Dès notre arrivée, nos contacts ont été plus que froid, souvent de mauvaise foi. J’en ai parlé à d’autres personnes ayant vécu sur d’autres îles comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie, tous étaient unanimes  : les Mahorais sont froids, aigris et peu cordiaux…

Sur Grande Terre, je n’ai quasiment jamais eu de réponses à mes «  bonjours  », et les sourires, je les compte sur les doigts d’une main… Je modère bien sûr mes propos, je suis consciente qu’il ne faut pas loger tout le monde à la même enseigne. J’ai bien évidemment rencontré des Mahorais très gentils, ainsi que de nombreux Comoriens adorables.

Sur Petite Terre, c’était déjà différent. La vie y étant plus cool, moins stressante, les gens y sont aussi plus détendus et agréables. Je pense en effet, que cette situation est surtout vraie sur Mamoudzou. La ville est saturée, surpeuplée et comme dans n’importe quelle grande ville, les gens font leur vie sans trop se préoccuper des autres. Je ne parle évidemment pas ici des gens avec qui tu travailles et que tu côtoies tous les jours.

D’ailleurs, je pense que c’est très différent quand on vient ici en vacances. Comme partout ailleurs d’ailleurs. Les rencontres ont un autre but : les Mahorais sont fiers qu’on vienne visiter leur île et qu’on s’intéresse à leur culture. J’ai souvent eu de bons retours de personnes prises en stop… Eh ben pour nous, à chaque fois, on avait à peine le droit à un merci  ! Une femme a même refusé de monter dans notre voiture alors qu’elle faisait du stop…

La barrière de la langue 

Cette barrière de la langue est réelle. Oui, Mayotte est un département français, mais il y a officiellement aujourd’hui plus d’immigrés que de locaux. Cette barrière de la langue rend parfois les relations difficiles. Parfois, on a l’impression que les gens autour de nous font exprès de parler en shimaoré pour ne pas qu’on comprenne… On a fait l’effort d’apprendre quelques mots, mais même ça, ça ne semblait pas leur faire plus plaisir que ça..

Au travail, cette barrière a été un vrai problème pour moi. Certes, nous avions souvent sous la main une collègue qui pouvait nous traduire (quand elle en avait envie!), mais ça rend de suite les relations plus distantes. Difficile de comprendre une culture quand on ne peut pas communiquer avec la population…

La lenteur de l’administration

Je sais déjà ce que tu vas dire  : «  C’est normal, tu es sur une île  !  ». Mais je t’assure, je ne pensais pas que ça pouvait être possible d’aller encore moins vite, et d’être plus compliqué qu’en Nouvelle-Calédonie  ! Après tout, nous sommes dans un département français, tout ne devrait pas être si compliqué  !

Alors sûrement que nous n’avons pas eu de chance.. Mais, il nous a quand même fallu une journée entière pour récupérer un recommandé, ou encore près de 3 semaines pour pouvoir faire un contrôle technique. Et je ne te parle pas des réparations que nous avons eu à faire sur la voiture  ! Tout un sketch  !! Là encore, c’est souvent à la mauvaise foi des gens que nous avons dû nous heurter… 

La nourriture et les pesticides

Comme tu le sais sûrement, nous sommes végétariens. On s’y attendait un peu, mais la nourriture a été un vrai problème pour nous à Mayotte. Au début, nous étions très contents, car, que ce soit à Mamoudzou, ou sur Petite Terre, il y a un marché couvert qui est ouvert du lundi au samedi. Même si on n’y trouvait pas de tout, c’était le paradis des légumes pour nous  ! 

Puis, on s’est un peu renseigné et nous avons découvert avec effroi la triste réalité de l’utilisation des pesticides à Mayotte… Entre les tomates aux pesticides interdits en France et les salades lavées dans la rivière où stagnent les huiles de vidanges et les restes de lessive… On s’est vite résignés à arrêter d’acheter des légumes qui poussent dans le sol.

Nous avons appris lors de cette expatriation, que nous attendions un heureux événement. Bien sûr, je pense que cette nouvelle est pour beaucoup dans notre ressenti global. De base, j’évite les pesticides, mais encore plus dans cette situation. Non immunisée contre la toxoplasmose, il m’était encore plus difficile de manger correctement. 

C’était d’autant plus difficile que les Mahorais sont de grands consommateurs de viande. Il était rare de trouver un menu végétarien dans les restaurants, à part l’option assiette de frites ou salade verte, tomate et maïs en conserve.

On a essayé de se rabattre sur les légumes congelés. Là encore, ce fut un échec… En effet, dans les petits magasins, la chaîne du froid est souvent très douteuse… Dans le doute, on s’est abstenu  ! À nous les bons légumes en conserves, ou les légumes importés qu’on trouve en supermarché à prix exorbitants  !

Rien de mieux que le « manger local »

Pour ce qui est de manger local, on retrouve un peu partout les brochettis. Pour moins de 5 € il est facile de manger. Et puis les odeurs de barbecue c’est toujours très tentant ! Oui mais voilà, on y trouve surtout de la viande, ou des légumes frits (bananes, fruits à pain, manioc…), mes collègues mahoraises m’ont même déconseillé d’y manger étant enceinte… Le respect de l’hygiène y est souvent très limite…

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La pollution et les déchets

Mayotte a encore de gros (énormes) efforts à faire concernant l’écologie. Le tri est quasi inexistant, les bennes débordent de déchets, et le ramassage est très aléatoire (au bon vouloir des agents de service…) Même s’il existe des bennes de tri, elles sont souvent le lieu d’actes de vandalisme. De toutes façons, il y a tellement de déchets au sol, alors à quoi bon trier  ou s’embêter à trouver une poubelle ? 

Le problème, c’est que Mayotte est une île, et tous ces déchets finissent pour la plupart dans la mer, surtout après les grosses pluies tropicales de la saison des pluies. Sans compter les déchets qui sont ramenés sur le littoral par les marées, qui sont pour la majorité des déchets dû au retournement des kwasa kwasa, ces petites barques qui transportent chaque jour des immigrés à Mayotte, au péril de leur vie. J’étais jamais sereine à la plage, je regardais toujours mes pieds, avec la peur de marcher sur un couvercle de conserve rouillé…

Alors quand j’ai parlé de ces déchets à des personnes sur place depuis un moment, on m’a répondu  : «  Tu t’y habitueras  !  »… Quoi  ? Mais non, je ne veux pas m’y habituer  ! C’est assez grave de dire ça  ! On comprend maintenant pourquoi Mayotte est une décharge à ciel ouvert, si tout le monde réagit comme ça et ne fait rien pour que ça change…

Le zéro déchet impossible

Tu le sais sûrement, on est dans une démarche zéro déchet depuis plus de 4 ans maintenant. Ben à Mayotte, c’est tout simplement impossible. Déjà, parce qu’on ne trouve pas les produits de première nécessité, et que se faire livrer coûte une fortune en frais de port et frais de douane. Pour ce qui est de l’eau, au début, on buvait de l’eau du robinet, mais on nous l’a fortement déconseillé (surtout enceinte !) et puis chez nous elle été imbuvable. Au final, pendant ces 6 mois, on a dû consommer plus de bouteilles en plastique que dans toute notre vie  !

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La pollution atmosphérique et les odeurs

Mayotte, l’île aux parfums… Ah oui  ? C’était peut-être vrai à l’époque de Jean-Paul Guerlain, mais aujourd’hui, il faut bien chercher pour les trouver ces bonnes odeurs  ! Alors certes, oui, si tu vas visiter une plantation d’ylang-ylang, dans le centre de l’île, tu y trouveras toutes les bonnes odeurs attendues. Mais dans la rue, c’est plutôt aux odeurs de poubelle ou de poisson pourri qu’il faut s’attendre  ! 

Quand ce ne sont pas les poubelles, ce sont les gaz d’échappement. Le réseau automobile de Mayotte est complètement saturé. Chaque jour, il faut s’armer de patience dans les embouteillages. Les véhicules sont encrassés, vu qu’on ne peut rouler nul part à plus de 70 km/h (quand c’est pas embouteillé !).

À cette pollution due aux automobiles, s’ajoute une poussière volatile très importante, surtout en période sèche. Un calvaire pour les asthmatiques  !

L’Etat des routes

Puisqu’on parle de la pollution automobile, parlons de l’état des routes… Même si nous avons la chance d’être venus à une période où de nombreuses routes ont été refaites, le réseau routier est catastrophique. Les routes sont pour la plupart défoncées, surtout après les fortes pluies. On a pu aller nul part à cause de ça. Étant enceinte, l’état des routes me faisait contracter immédiatement… Et pourtant, on avait une bonne voiture… 

Après chaque saison des pluies, les trous sont rebouchés, mais ça ne tient pas. Quand il est possible de prendre un autre chemin ça va, sinon tu pries pour que le trou ne soit pas trop gros pour ne pas rester coincé ou défoncer ta voiture… Même pour rentrer chez nous ça devenait compliqué  !

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Le plus beau lagon au monde (il paraît)

Tu entendras souvent parler du lagon de Mayotte comme le plus beau lagon au monde. Nous ne sommes sortis que 2 fois sur le lagon, et effectivement, nous avons pu voir de belles choses. Mais rien n’égalera jamais ce que nous avons pu voir en Nouvelle-Calédonie ou en Australie.

Quand je demandais aux gens ce qui leur plaisait à Mayotte, la plupart du temps, on me parlait du lagon et des sorties bateau. Ok, cool, mais ça veut dire que 90% de la population, qui n’a pas accès à ces sorties, faute de moyen, ne peut pas apprécier Mayotte, car apparement il n’y a que ça d’appréciable…

En allant à Mayotte, il faut être conscient que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Et que oui, Mayotte et son lagon sont magnifiques quand on a les moyens de se les offrir, ce qui n’est pas le cas des locaux. Il faut en être conscient et comprendre pourquoi il y a un tel mal être à Mayotte.

Pression migratoire + différence de richesse = vols fréquents

L’insécurité et la surpopulation

L’insécurité et les cambriolages sont une réalité à Mayotte. Certes, c’est un peu comme partout, tout peut très bien se passer, comme on peut se retrouver au mauvais moment, au mauvais endroit. Le problème, ce n’est pas tant les cambriolages ou les vols, ce sont les actes de violence qui y sont liés. 

Si tu as l’occasion, je t’invite à lire le livre « Tropique de la violence » de Natacha Appanah. On est tombé par hasard sur ce roman. Même si c’est romancé, il décrit bien ce qu’il se passe à Mayotte. La violence, les enfants isolés, les vols, l’immigration choisie ou non…

Bref, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise expérience comme partout ailleurs, mais il faut mettre toutes les chances de son côté et respecter certaines règles. 

Certaines règles à respecter :

  • Ne pas sortir avec des objets de valeurs (smartphone, appareil photo…)  ;
  • ne pas sortir seul la nuit  ;
  • ne pas laisser ses sacs sans surveillance surtout sur la plage  ;
  • ne pas aller seul en randonnée en groupe ou organisé (Mayotte rando, Ami raid rando Mayotte…)  ;
  • ne pas devenir parano non plus !

Pour contrer ce phénomène, on vit reclus derrière des barreaux aux portes et aux fenêtres, mais même ça, ça ne les empêche pas de voler s’ils l’ont décidé  ! Arracher un mur ou dessouder un coffre-fort ne leur fait pas peur  !

Chez nous, sur Petite-Terre on se sentait déjà plus en sécurité, mais ça ne nous a pas empêché d’acheter un coffre-fort pour mettre tout le matériel photo de Francis. Matériel photo qui, soit dit en passant, n’a pas vraiment vu la lumière du jour  ! Trop de risques et pas d’envie ! On avait aussi l’avantage d’habiter juste en face d’un petit commerce de quartier. Notre adorable voisine était présente tous les jours, on savait qu’on risquait presque rien, d’autant que nous louions notre appartement à l’imam du quartier  !

Pour résumer tout ça, je t’invite à lire ou relire l’excellent article des Best Jobers sur ce sujet. Même s’ils ne sont venus à Mayotte qu’en vacances, ils évoquent la question : faut-il avoir peur de voyager à Mayotte ?

Une vie sociale limitée

Il n’y a pas de cinéma à Mayotte. Enfin si, il y en a un, mais il est en reconstruction depuis tellement longtemps qu’il ne faut pas compter sur sa réouverture  !

Bien que ce soit en train d’évoluer, il y a  peu de concerts, et peu d’événements culturels. Et quand il y en a, il faut arriver à en être informé, car à Mayotte, la communication c’est pas vraiment ça ! (Poke à notre ami Ben 😉 ) J’ai l’impression que c’est en train de se développer et j’avoue qu’on était peut-être un peu trop à l’écart de toute vie sociale en vivant sur Petite Terre… Mais à faire un choix, on a pris celui de la tranquillité  !

La vie chère

Pour ce qui est de la vie chère, que de nombreuses personnes déplorent à Mayotte, ça ne nous a pas vraiment choqué, venant de Nouvelle-Calédonie où la vie est extrêmement chère.

Il est vrai que la vie y est 1,5 fois plus chère qu’en métropole, mais avec un salaire d’expatrié indexé à 40 %, c’est gérable. En revanche, je pense aux locaux qui n’ont pas la chance d’avoir le même salaire que nous, et là, par contre les tarifs sont clairement abusés ! Je comprends alors le sentiment d’inégalité et le racisme que cela peut induire…

D’ailleurs, Francis n’a même pas cherché de boulot. Car, oui, si tu n’as pas de diplôme, ou si tu n’exerce pas un des métiers qui recrutent le plus à Mayotte (infirmier, médecin, sage-femme, instit…), il ne faut pas compter être payé plus que le smic, qui, je le rappel, est toujours plus faible qu’en métropole…

Sans compter l’extorsion de l’état qui rajoute systématiquement des frais de douane sur tous les colis qu’on se fait envoyer depuis la France… Le fameux octroi de mer…

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Faire 1 h de route pour aller à la plage

Come on  guy ! T’habites sur une île et tu dois te taper une heure de route pourrie, pour te rendre à la plage  ?! C’est quelque chose qui m’a de suite choqué, pourtant ça n’a pas l’air de déranger les M’zungus sur place  ! On était peut-être trop mal habitués à Nouméa d’avoir accès à de très belles plages aussi facilement. On était chanceux sur petite Terre de pouvoir accéder à la plage de Moya en moins d’un quart d’heure, malgré une route catastrophique… 

Bon ok, pour certaines choses, peut-être que je pinaille un peu, mais, pour résumer, je dirais que Mayotte ne convennait pas à notre style de vie.

Je t’entends déjà dire que quand on part vivre quelque part, il faut savoir s’adapter, et je suis bien d’accord. Mais on ne peut pas sacrifier certains fondamentaux. Ces fondamentaux qui font que ton quotidien est un minimum supportable. En tant qu’écolo et végétariens, c’était clairement impossible, surtout quand on ne peut même pas se ratraper sur les relations sociales qui sont pour nous primordiales… On a fait le choix de poursuivre notre route route ailleurs, à la recherche du bonheur. Qui sait, on finira peut-être par se poser quelque part un jour !

Si tu es déjà allé à Mayotte, j’aimerais bien connaître ton point de vue. Chaque expérience est bonne à prendre  !

Tu as aimé cet article ? n’hésite pas à l’épingler et à le partager ☺

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Join the discussion 6 Comments

  • Ben dit :

    Bien que fervent « défenseur » de Mayotte, je ne peux pas contester votre vécu, puisque c’est votre ressenti personnel, et il est à respecter, même si je ne suis pas d’accord avec tous les points. Par contre, je comprends que ça ne doit pas être évident du tout de vivre ici en tant que végétarien et 0 déchet, les infrastructures ne sont pas encore adaptées (mais les mentalités changent, au fur et à mesure, ça prendra du temps, en tout cas il y a du travail en cours, et pas uniquement d’origine « métropolitaine »). En tout cas, on a beaucoup apprécié les moments partagés, et on espère se revoir un jour, ici ou là !
    PS : la communication… on y travaille

    • afnews dit :

      Merci Ben pour ce retour ! Oui c’était chouette de vous avoir ☺️, et grâce à toi maintenant qu’on n’est plus sur Mayotte, je suis au courant de tout ce qu’il s’y passe !!

  • Merci pour la mention ! J’en profite, pour tous les événements culturels, il y a la page Facebook What’s Up Mayotte qui fait un excellent boulot et qui tient un véritable agenda culturel

  • Alexa dit :

    Tres bien resumé! Après je pense que vous êtes arrivés quelques années trop tard… pour les sourires mahorais et l’accueil de la population! Après Mamoudzou restera toujours une grosse ville en effervescence avec sa pollution et son brouhaha! Sans parler de l’insécurité qui y règne maintenant!Perso j’ai adoré vivre en Petite Terre; mais effectivement il faut avoir des moyens pour profiter du lagon. Et pour la bouffe, je suis tout à fait d’accord; impossible à vivre pour les vegans! On vivait de notre peche essentiellement et des produits de base. Le bio n’existait pas en 2011, et il n’y avait pas la fibre, ni connection internet. Tout change très vite, et encore plus à Mayotte!

    • afnews dit :

      Bonjour Alexa, si seulement on aimait le poisson, ça aurait peut-être simplifié certaines choses c’est sur ! Nous avons aussi préféré notre vie sur Petite Terre, j’aurais aimé découvrir Mayotte il y a 10 ans…

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