Le 1er septembre 2023, Paris est devenue la première capitale européenne à bannir les trottinettes électriques en libre-service de ses rues. Cette mesure fait suite à une consultation citoyenne organisée par la mairie, qui a recueilli une participation de 7,46 % des électeurs inscrits.La disparition de ces engins partagés soulève des questions sur la gestion de l’espace public et sur les choix de mobilité dans une ville déjà saturée. Plusieurs alternatives légales restent accessibles, mais l’impact de cette interdiction continue d’alimenter le débat sur la transformation des usages urbains.
La fin des trottinettes en libre-service à Paris : un tournant pour la mobilité urbaine
Du jour au lendemain, plus de 15 000 trottinettes électriques en libre-service ont disparu des rues de Paris. Ces engins, devenus familiers dans le paysage entre voitures, vélos et flux de piétons, proposaient une solution rapide, flexible, mais pas toujours respectueuse de l’ordre urbain. Après consultation, la mairie a entériné ce virage pour reprendre la main sur une voirie saturée de conflits d’usages et d’engins abandonnés à la hâte.
Pour bon nombre d’habitants, cette décision a été synonyme de changements concrets dans leur quotidien. Le modèle du free floating, qui permettait de prendre ou de laisser une trottinette où l’on voulait, avait sa part de praticité mais aussi son lot d’abus : stationnement anarchique, engins abandonnés à chaque coin de rue, tensions avec les piétons. Face à ce désordre persistant, la ville a préféré miser sur une organisation plus stricte : encourager les véhicules individuels réglementés et développer à grande échelle les pistes cyclables.
Depuis le départ des trottinettes électriques en libre-service à Paris, la réflexion autour de la mobilité douce prend un nouveau départ. Usagers et professionnels s’orientent vers d’autres solutions : vélos partagés, acquisition de trottinettes électriques personnelles respectant la réglementation, ou exploration de nouveaux modes de déplacement en ville. Paris cherche un nouvel équilibre entre innovation, sécurité et partage de l’espace, avec en toile de fond une interrogation persistante : quelle place donner aux nouveaux engins dans la métropole ?
Pourquoi Paris a-t-elle dit stop ? Décryptage des raisons et du contexte
La suppression des trottinettes électriques en libre-service ne s’est pas décidée sur un coup de tête. Au fil des mois, les remontées du terrain se sont multipliées : habitants, associations de piétons, policiers, tous faisaient le même constat. La cohabitation dégénérait en tensions, parfois en insécurité pure et simple.
Les engins de déplacement personnel se retrouvaient régulièrement dans le viseur pour non-respect du code de la route. Circulation sur les trottoirs, passages imprudents, vitesses dépassant largement les 25 km/h réglementaires : le cocktail était explosif. Le nombre d’accidents augmentait, certains graves, et l’exaspération montait chez les piétons comme chez les riverains.
Impossible, ou presque, de contrôler ces flottes gérées à distance, utilisées par des anonymes. Les amendes, jusqu’à 135 euros, pour stationnement ou conduite hasardeuse n’ont pas suffi à inverser la tendance. Chaque jour, les services municipaux devaient ramasser des trottinettes abandonnées, alourdissant leur charge de travail.
Dans ce contexte de désordre, la mairie a tranché. Les trottinettes en libre-service, c’est fini. Objectif : rendre les rues plus sûres, clarifier le partage de l’espace public et remettre de la règle dans la mobilité urbaine. Une décision bâtie sur les retours concrets et la volonté d’améliorer la vie quotidienne à Paris.
Quelles alternatives légales pour se déplacer autrement dans la capitale ?
La disparition des trottinettes électriques en libre-service à Paris ne signe pas la fin de la mobilité légère dans la capitale. D’autres moyens de transport légaux offrent des options variées pour se déplacer efficacement et dans le respect des règles. Les vélos électriques ont désormais la cote, portés par la multiplication des pistes cyclables et des offres de location longue durée. Leur stabilité, leur simplicité et leur cadence en font un choix apprécié des citadins.
Dans les quartiers centraux, la marche à pied reste une évidence : la proximité permet d’éviter tout véhicule. Pour les trajets courts, ceux qui possèdent une trottinette électrique personnelle peuvent continuer à l’utiliser, à condition de suivre le code de la route et de disposer d’une assurance responsabilité civile à jour. L’usage sur les bandes cyclables reste toléré, sous réserve de ne pas dépasser la vitesse maximale autorisée.
Pour ceux qui souhaitent changer leurs habitudes, voici les principaux choix qui existent depuis la suppression du free floating :
- Vélos mécaniques ou électriques (Vélib’, ou opérateurs privés)
- Gyropodes et monoroues, sous réserve de respecter la réglementation et d’être équipés de dispositifs rétro-réfléchissants
- Transports en commun, toujours incontournables et complémentaires aux modes individuels
La réglementation impose certains équipements obligatoires : gilet rétro-réfléchissant la nuit, éclairage aux normes, vigilance accrue dans les espaces partagés. À chaque déplacement, le choix du mode de transport dépend du contexte, du confort recherché et du respect des règles en vigueur. Paris adapte sa mobilité avec pragmatisme et dynamisme, à mesure que la ville évolue.
Vers une nouvelle vision de la mobilité : quels enjeux pour les Parisiens ?
L’arrêt des trottinettes électriques en libre-service ne se limite pas à une question de logistique. C’est tout un débat sur les usages urbains qui prend de l’ampleur. Paris expérimente, à l’échelle européenne, une façon inédite de repenser la place des engins de déplacement personnel (EDP). Depuis la fin du free floating, les Parisiens ajustent leurs routines, oscillant entre vélo, marche et transports collectifs. Mais ce bouleversement ne se résume pas à une simple modification des trajets quotidiens.
Les élus municipaux assument leur volonté d’apaiser la circulation et de rendre l’espace public plus accessible aux piétons. Sécuriser les déplacements, libérer les trottoirs, réduire les incivilités : telles sont les lignes directrices qui guident l’action locale. Si Paris affiche une politique claire, d’autres métropoles françaises, Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, préfèrent tester des modèles hybrides ou limiter le nombre d’opérateurs.
Dans cette configuration mouvante, le cadre juridique autour des EDP reste un enjeu fort. Les utilisateurs doivent jongler entre législation nationale et adaptations locales, parfois radicalement différentes d’un département à l’autre. En Seine-Saint-Denis par exemple, les pratiques s’éloignent de celles de la capitale. Comme dans plusieurs grandes villes européennes, la France avance à petits pas, recherchant un équilibre entre liberté de circuler et sécurité collective. Les Parisiens, eux, continuent d’explorer les solutions qui leur permettent de gagner du temps, de profiter de la ville, tout en respectant ses contraintes.
Des rues plus sereines, des cyclistes qui gagnent du terrain, des piétons qui retrouvent confiance pour traverser : Paris opère sa mue, étape après étape. La question n’est plus de choisir tel ou tel engin, mais d’imaginer enfin une métropole où chacun a sa place au quotidien.


